Le modèle actuel de l’entrepreneur met en avant un acteur du progrès qui intègre la logique managériale jusque dans l’optimisation de son propre comportement et dont le critère de réussite principal est la création de richesse.
Cette vision mécanique s’oppose à la dimension morale du comportement humain. L’homme dispose en effet d’une raison naturelle (ou loi naturelle) qui lui permet de distinguer le bien du mal et qui émane de Dieu, principe de tout être qui gouverne l’univers par la loi éternelle (ou droit divin).
Dans la société capitaliste moderne, la logique de production des biens et des services dépasse le niveau des besoins vitaux pour répondre aux désirs et à la quête identitaire des consommateurs. Dans ce contexte, comment peut-on entreprendre chrétiennement ?
Le commerce selon le modèle capitaliste libéral ou selon la loi naturelle
L’entrepreneur catholique suit la loi naturelle pour se servir de ce que Dieu a mis dans la création pour ses besoins vitaux: se soigner, acheter ou vendre des aliments et plantes naturels non transformés, s’habiller avec des vêtements en fibres naturelles (coton, laine, lin chanvre, soie) et non avec des matières chimiques (acrylique,..), construire des bâtiments naturels.
Aujourd’hui tout est basé sur la création de faux besoins et donc sur la manipulation sensorielle, psychologique afin de pousser à la surconsommation et aux achats compulsifs (vêtements de marque fabriqués et vendus de façon immorale, habitation populaire déshumanisées, technologies et médicaments chimiques qui détruisent l’environnement et la santé, etc…)
Références:
-Somme théologique, IIa-IIae, question 77, article 4, Saint Thomas d’Aquin (1274)
-Le complot mondial contre la santé et la guerre secrète contre les peuples, Claire Séverac (2011)
Pour fonctionner ce système nécessite une organisation rationnelle du travail qui fait de l’homme un élément modélisable et adaptable.
L’autorité et le service dans les organisations
L’autorité vient de Dieu (Rm 13,1-2) et nous avons le devoir de Le servir. Et pour ce faire comme le Christ nous l’a enseigné, nous devons aimer notre prochain comme nous même, faire pour lui ce que l’on aimerait qu’il fasse pour nous, servir le bien commun à travers les activités professionnelles (métiers, création d’entreprises, etc..), remplir ses devoirs d’état et subvenir aux besoins de sa famille.
Cependant les idéologies révolutionnaires ont intégré le milieu du travail avec l’arrivée de l’ère de l’industrialisation, le développement des entreprises à très grande échelle, la recherche de la réussite sociale à travers le gain de richesses matérielles et financières . Les principes chrétiens ont été mis de côté. Le management moderne tiré des traditions spirituelles a pris le pas dans les organisations tout en maintenant la quête de performance.
Références:
-Lettre encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum (1791) qui précise les devoirs de l’ouvrier et du patron
-Au sujet du bouddhisme, du taoïsme, du développement personnel et des écoles new age (Rudolf Steiner, Helena Blavatsky, Alice Bailey, Napoleon Hill, Jim Rohn, etc…) consulter les auteurs catholiques incontournables: Etienne Couvert, Jean Vaquié, le Père Joseph-Marie Verlinde et le Père Dominique Auzenet (SOS Discernement)
La société capitaliste moderne avec les figures du consommateur et du manager constitue le prolongement de l’affirmation révolutionnaire de l’autonomie de l’homme vis-à-vis de tout ordre naturel et divin .
Vouloir entreprendre chrétiennement implique donc de faire un choix.
Droit divin ou droits de l’homme pour l’entrepreneur catholique ?
L’entrepreneur catholique obéit aux commandements de Dieu pour faire Sa Volonté (droits divins) dans la réalisation de ses projets afin de se sanctifier.
Il ne se plie pas aux droits de l’homme incompatibles avec la foi car ils sont la négation et l’inversion des droits divins et l’invention des hauts initiés de la franc-maçonnerie qui est condamnée depuis le 18ème siècle par l’Eglise et cette position n’a pas varié jusqu’à la bulle de Léon XIII et sa lettre encyclique de 1884 Humanum genus sur la condamnation du relativisme philosophique de la franc-maçonnerie.
Références:
-« Ce droit chimérique n’est-il pas contraire aux droits du Créateur suprême, à qui nous devons l’existence et tout ce que nous possédons? », Bref du Pape Pie VI, Quod Aliquantum (1791)
-« Nous défendons sévèrement et en vertu de la sainte obéissance, à tous et à chacun des fidèles de Jésus-Christ […] d’oser ou de présumer […] d’entrer dans les dites sociétés de Francs-Maçons », Bulle du Pape Clément XII, In eminenti apostolatus specula (1738)
-La Franc-Maçonnerie, 300 ans d’imposture, 2017, Johann Livernette
-Maçonnerie et sectes secrètes: le côté caché de l’histoire, p. 338, 2015 Epiphanius
-Voir la définition du droit divin de Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, question 57 (Le droit), article 2, solution 3, sur le site Vive le Roy
-Chaîne youtube d’Arnaud Upinsky, Circonflexe hirondelle, vidéo de 2023 « Les droits de l’homme – une mise en esclavage, un crime contre l’humanité! »
Face à toutes ces révolutions, nous souhaitons souligner le devoir d’état de tout artisan, ouvrier et entrepreneur catholique d’assumer consciencieusement ses obligations professionnelles.
Foi, travail et excellence
L’entrepreneur catholique est celui qui œuvre pour sa sanctification en appliquant les enseignements de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans l’évangile de Saint Matthieu, on peut lire au chapitre 22, verset 37 : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » ou bien encore au verset 39 du même chapitre « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Pour grandir en sainteté, l’entrepreneur doit pratiquer la charité envers le prochain pour l’amour de Dieu.
Il doit par conséquent servir Dieu avec charité dans la société dans tout ce qu’il entreprend (développer de petites entreprises de production de biens et services ou autres structures, investir, etc…) en respectant les droits divins (et non pas les droits de l’homme), la morale chrétienne (doctrine sociale de l’Eglise) ainsi que la loi naturelle.
Par la suite, il a pour devoir d’aider son prochain à faire de même, contribuant ainsi au Bien commun de la société (moral et matériel).
Quelles sont les armes vertueuses de l’entrepreneur catholique ?
L’entrepreneur catholique doit s’appuyer sur quatre vertus principales :
La force nous fait résister aux tentations du capitalisme et du matérialisme athée ce qui nous conduit à la patience pour ne pas se décourager face aux demandes superficielles de ce monde.
Enfin la persévérance nous permet de conduire vertueusement notre entreprise tout en faisant preuve d’organisation et de discipline.
Les vertus morales donnent seulement la capacité d’accomplir des actes vertueux. Il faut ensuite pratiquer et répéter les actes bons pour former de bonnes habitudes et acquérir un comportement conforme au bien.
Il s’agit ensuite de ne pas rester isolé et de rejoindre d’autres entrepreneurs par exemple au sein de communautés catholiques…
Références:
-Introduction à la vie dévote (1609), Saint François de Sales
-Le combat spirituel (1610), Lorenzo Scupoli
Ainsi, l’entrepreneur catholique doit faire la volonté de Dieu en servant le Bien commun. Il doit exercer son métier en répondant à un besoin réel et en participant à l’ordre social chrétien.
« Vous les connaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ? Ainsi, tout arbre bon produit des fruits bons ; mais tout mauvais arbre produit de mauvais fruits. Un arbre bon ne peut produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits. Tout arbre qui ne produit point de bon fruit sera coupé et jeté au feu. Vous les connaîtrez donc à leurs fruits. »
Mathieu, 7, 16-20, La Sainte Bible selon la Vulgate, traduction par l’Abbé Jean-Baptiste Glaire, 1905.